LE “MAKING OF” DE COOLTITUDE
Comment j’ai enregistré mon album ? C’est une question que l’on me pose
souvent, alors je vais essayer d’y répondre à travers des anecdotes et quelques
astuces techniques.
J’ai enregistré COOLTIDUDE en plusieurs étapes, sur une assez longue période
d’environ trois ans. Je travaillais sur d’autres projets en parallèle. Ca
m’énervait parfois de ne pas pouvoir avancer plus vite, en contre partie j’avais
du recul sur mes musiques et je travaillais sans pression et croyez-moi, c’est
peut-être le plus important.
1- EN HOME STUDIO
Tout d’abord, j’ai commencé avec un Atari 1040ST pour la programmation. Je
travaillait avec un Cubase 1.5 et les morceaux tournaient super bien en Midi
avec samples, synthés, et guitares.
Pour le son; j’ai démarré “petit”: console Fostex, un micro Shure 565, enceintes
JBL. c’était pas du super matos mais je le connaissais bien.
AVEC LE SAMPLER EMU ESI 32.
Avec mon superbe sampler je me suis samplé à la guitare car je n’avais pas
encore de direct-to-disk, ni de magnéto. Avec 32 Mo de Ram je pouvais bosser
proprement. Une petite astuce de sampling que je pratique encore, c’est de
sampler parallèlement en 44.1 et en 22, ça crée une ambiance de ouf avec la même
partie de guitare slide ou autre source sonore. Ecoutez “Urban Ride” et “Cooltitude”,
ça le fait grave.
La musicalité du convertisseur EMU donne un grain et un relief
particulier, saisissant !. J’insiste ! A mon avis c’est le meilleur sampler du monde !!!,
vraiment très chaud !.
Les samplers AKAI sont bien et pratiques, mais trop froids pour moi.
SYNTHÉ QUASAR
Ce synthé n’a pas une réputation d’enfer, peu de musiciens l’utilisent. Pourtant
sa banque est assez complète, polyvalente; sons rap, ambient, techno + les
grands classics des claviers. J’ai traité les synthés à mort, j’ai samplé des
parties entiere en passant le son dans des pédales , certain sons avec une
pédale stéréo T C électronic pour le flanger. Oui! j’adore le flanger et cette
TC me donne une légère coloration même quand elle est en bypass ! ?. Je pense
encore que c’est un défaut de fabrication car celles que j’ai eu l’occasion
d’entendre ne le font pas.
2- AU STUDIO ASTON
Ayant l’opportunité d’aller en studio, j’ai mis en stand by les arrangements.
Les morceaux n’étaient pas fini mais les structures et les thèmes principaux
étaient bien là. Sur un vieux 24 pistes 2" Studer des années 70, nous
avons transferé les synthés et le sampler avec l’Atari en synchro puis mixé sur
un DAT of course. Ingé-son moi-même, je ne suis pas tombé dans le piège de mixer
et de tout faire. Cyril Dillard et Sacha Ciarallo ont super bien mixer l’album,
ils avaient une vision différente de ma musique tout en respectent bien mon
concept. J’écoutais beaucoup mieux sans toucher à la table de mixage, je faisais
le café et je commandais les pizzas mais très sérieusement le rôle de producteur
me plaisait beaucoup.
Nous avions une console Sage Odysée II 30 voix, avec des EQ assez douces.
Revèrbes Lexicon et Sony + Yamaha et quelques compresseurs
Aphex et DBX (je remercie au passage le boss du studio, Serge
Crouzet)
3- HOME STUDIO AGAIN. Entre temps j’avais acheté une petite station Pro
Tools
4 pistes pas puissante mais j’ai pu retravailler sur les titres et ajouter des
instruments sur les mix venant d’Aston.
Après le mixage sur mon protools, j’ai ajouté des parties, des ambiances de
synthés, des bidouillages. Des amis sont passé jouer quelques pistes, Agie a
joué des percus sur quelques titres, Fred de Fred du synthé lead sur deux titres
et Flux de la basse.
J’ai obtenu des effets incroyable en doublant les loops pour obtenir du
flange
naturel. J’ai essayé de retrouver des FX psychédéliques à la Beatles en décalant
les sons je me suis bien pris la tête mais j’ai eu un résultat qui me
convenait... J’ expérimentais sans arrêt, découvrant en même temps les
possibilités du numérique tout en employant des vieilles pédales; une passion !.
Il y a des bouts de mix dans COOLTITUDE qui passe à travers ma pédale TC et
réenregistré dans Pro Tools avec un décalage de quelques samples pour donner un
effet planant.
Dans “ High Altitude ” la petite boite à rythme que l’on entend au milieu du
morceau n’ai autre que la boite d’un petit clavier Yamaha pour enfant enregistré
avec un micro en plastic à 3 balles datant des années 60, le tout “reversé” par
un preset de REV7 Yamaha. j’adore bidouillé, chercher des trucs comme ça.
Bon, tout est une question de temps, je n’avais pas envi que mon disque sonne
comme les autres. Par exemple, dans le titre “Cooltitude” la basse est énorme !,
c’est sûr, j’en est mis quatre; une pour l’attaque, une pour le decay une pour
le sustain etc... ça sonne grave.
J’ai terminé l’album at home, en faisant des bounces et en "prossecant" comme un
taré car je n’avais que quatre putain de pistes j’ai mélangé les pistes faites
en home studio avec les mix du studio Aston. Le TC 96K est une bonne machine
pour le mastering mais il faut une excellente écoute pour prendre des décisions
car c’est un appareil très précis.
J’ai souvent écouté mes mix chez des potes, des homes studios différents du mien
pour être sûr que ça passe bien partout, que l’on ressente bien la musique sur
du matos et des pièces très différentes... voilà!.
Voici la liste du materiel de mon Home Studio au moment de création: écoutes JBL
& Alpheratz (français), sampler ESI 32, synthé Quasar Quasimidi,
Ultrafex 2
Behringer, DAT Sony, Cream Machine à lampe, Pédales d’effet: Flanger TC
Electronics ,
2 Digital Delay Ibanez + octaver.6 cordes & 12 cordes Epiphone, clavier
maître Yamaha Clavinova, Slide guitare Troubadour & Flying V (made by rich maub)
2 ordinateurs Macintosh, 8100 & power PC 603e, Station Pro-tools 4.03 avec Plugs-in Audiosuite, Wave, Focusrite, Renaissance. Carte Digidesign, Finalizer
TC 96K pour le mastering.

